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𝐋’𝐀𝐍𝐆𝐎𝐈𝐒𝐒𝐄 : 𝐄𝐓 𝐒𝐈 𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐀𝐕𝐀𝐈𝐓 𝐐𝐔𝐄𝐋𝐐𝐔𝐄 𝐂𝐇𝐎𝐒𝐄 𝐀̀ 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐃𝐈𝐑𝐄 ?
Il arrive souvent qu’une personne vienne me consulter à Chennevières-sur-Marne avec une phrase apparemment paradoxale :
« Tout va bien dans ma vie, mais je suis angoissé. »
Un travail, une famille, parfois une relation affective satisfaisante, une situation matérielle correcte, et pourtant quelque chose serre la poitrine, noue la gorge ou vient troubler le sommeil.
La raison cherche une explication.
Le corps, lui, semble déjà avoir commencé à parler.
L’angoisse est justement déroutante parce qu’elle ne se laisse pas toujours expliquer immédiatement.
On peut savoir pourquoi on a peur.
On sait généralement pourquoi on est inquiet.
Mais l’angoisse peut apparaître sans objet clairement identifiable.
Et c’est peut-être précisément là qu’elle mérite d’être entendue.
𝐀𝐍𝐆𝐎𝐈𝐒𝐒𝐄, 𝐏𝐄𝐔𝐑 𝐄𝐓 𝐀𝐍𝐗𝐈𝐄́𝐓𝐄́ : 𝐃𝐄 𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐏𝐀𝐑𝐋𝐄-𝐓-𝐎𝐍 ?
La peur se rapporte généralement à quelque chose de précis.
J’ai peur de perdre mon emploi.
J’ai peur d’être quitté.
J’ai peur d’échouer.
J’ai peur d’une maladie.
L’inquiétude peut, elle aussi, être rattachée à une situation concrète.
On s’inquiète pour ses enfants, son travail, ses finances ou son avenir.
L’angoisse possède souvent une autre qualité.
Elle peut être plus diffuse.
Elle surgit parfois au réveil.
Elle accompagne la personne pendant plusieurs heures.
Elle peut apparaître sans raison consciente.
On ressent quelque chose avant même de pouvoir le penser.
C’est pourquoi certains patients me disent :
« Je ne comprends pas. Je n’ai aucune raison d’être angoissé. »
Cette phrase est importante.
Car ne pas connaître la raison consciente d’une angoisse ne signifie pas qu’elle soit dépourvue de sens.
𝐐𝐔𝐀𝐍𝐃 𝐋𝐄 𝐂𝐎𝐑𝐏𝐒 𝐄𝐗𝐏𝐑𝐈𝐌𝐄 𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐄 𝐋𝐄𝐒 𝐌𝐎𝐓𝐒 𝐍𝐄 𝐃𝐈𝐒𝐄𝐍𝐓 𝐏𝐀𝐒 𝐄𝐍𝐂𝐎𝐑𝐄
L’angoisse peut s’accompagner de manifestations corporelles très concrètes : palpitations cardiaques, oppression thoracique, gorge serrée, sensation de souffle court, mains moites, tremblements, vertiges, boule au ventre ou impression de perdre le contrôle.
Dans une crise d’angoisse intense, certaines personnes pensent réellement qu’elles vont mourir.
Cette expérience peut être terrifiante.
Elle peut ensuite entraîner des comportements d’évitement.
La personne évite certains endroits.
Elle renonce à prendre les transports.
Elle hésite à sortir seule.
Elle refuse certaines invitations.
Peu à peu, ce qui devait protéger de l’angoisse risque alors de réduire considérablement le champ de la vie.
Il reste évidemment essentiel qu’un symptôme physique inhabituel ou important fasse l’objet d’une évaluation médicale lorsqu’elle est nécessaire.
Mais lorsqu’aucune cause organique n’explique suffisamment ce qui se passe, une autre question peut commencer :
𝐐𝐮𝐞 𝐬𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞-𝐭-𝐢𝐥 𝐞𝐧 𝐦𝐨𝐢 ?
𝐋’𝐀𝐍𝐆𝐎𝐈𝐒𝐒𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄 𝐁𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐋𝐄
Dans une approche psychanalytique, je ne considère pas nécessairement l’angoisse comme un simple parasite qu’il faudrait faire disparaître au plus vite.
Elle peut parfois être une boussole.
Elle nous indique qu’un conflit intérieur existe.
Quelque chose peut se jouer entre ce que je pense vouloir et ce que je désire plus profondément.
Entre ce que j’affirme être et ce que je ressens.
Entre ce que j’attends de ma vie et ce que j’ose réellement vivre.
L’angoisse surgit parfois à des moments très significatifs.
Une rencontre amoureuse devient sérieuse.
Un mariage devient possible.
Une promotion professionnelle arrive.
Un enfant quitte la maison.
Une séparation devient inévitable.
Une retraite approche.
Un changement désiré depuis longtemps devient soudain réel.
Et curieusement, au moment où ce que l’on souhaitait semble devenir possible, l’angoisse apparaît.
Pourquoi ?
Parce que désirer quelque chose et pouvoir réellement l’obtenir ne sont pas toujours deux expériences identiques.
La réalisation d’un désir oblige parfois à quitter un ancien équilibre.
Même lorsqu’il nous faisait souffrir.
𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐑𝐄́𝐏𝐄́𝐓𝐎𝐍𝐒-𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐏𝐀𝐑𝐅𝐎𝐈𝐒 𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐅𝐀𝐈𝐓 𝐒𝐎𝐔𝐅𝐅𝐑𝐈𝐑 ?
Voilà l’une des grandes énigmes humaines.
Nous savons parfois très bien ce qui nous fait souffrir.
Et pourtant nous recommençons.
Nous choisissons des partenaires qui nous blessent de manière comparable.
Nous reproduisons les mêmes conflits professionnels.
Nous reculons devant les mêmes décisions.
Nous construisons des situations dont nous connaissons presque déjà l’issue.
Pourquoi ?
Parce que le familier possède une force considérable.
Même une situation douloureuse peut sembler moins inquiétante qu’un avenir inconnu.
Nous connaissons le scénario.
Nous savons comment le jouer.
L’inconnu, lui, ressemble à une page blanche.
Et la page blanche peut être vertigineuse.
Un travail analytique permet progressivement de repérer ces répétitions.
Il devient alors possible de se demander :
𝐄𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐱 ?
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐣𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐦𝐛𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
𝐐𝐮𝐞 𝐦𝐞 𝐜𝐨𝐮̂𝐭𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 ?
Et peut-être surtout :
𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐬𝐢 𝐣𝐞 𝐜𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐫 ?
𝐋𝐄 𝐁𝐔𝐓 𝐍’𝐄𝐒𝐓 𝐏𝐀𝐒 𝐃𝐄 𝐍𝐄 𝐏𝐋𝐔𝐒 𝐉𝐀𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐑𝐄𝐒𝐒𝐄𝐍𝐓𝐈𝐑 𝐃’𝐀𝐍𝐆𝐎𝐈𝐒𝐒𝐄
Je me méfie d’une conception du bien-être qui ferait de toute émotion inconfortable une anomalie.
Une existence sans inquiétude, sans doute, sans frustration et sans angoisse serait-elle encore véritablement une existence humaine ?
Aimer suppose le risque de perdre.
Choisir implique de renoncer.
S’engager expose à l’échec.
Grandir oblige parfois à quitter ce qui était connu.
Être libre signifie également assumer les conséquences de certaines décisions.
Une part d’angoisse accompagne donc le fait même d’être vivant.
L’enjeu consiste moins à devenir totalement imperméable à l’angoisse qu’à ne plus être gouverné par elle.
𝐄𝐍𝐓𝐄𝐍𝐃𝐑𝐄 𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐒𝐄 𝐉𝐎𝐔𝐄 𝐃𝐄𝐑𝐑𝐈𝐄̀𝐑𝐄 𝐋𝐄 𝐒𝐘𝐌𝐏𝐓𝐎̂𝐌𝐄
Le travail psychanalytique offre un espace particulier.
On y parle.
Mais surtout, on commence progressivement à entendre autrement ce que l’on dit.
Des contradictions apparaissent.
Des répétitions deviennent visibles.
Des liens se dessinent entre le présent et l’histoire personnelle.
Certaines phrases prononcées presque machinalement prennent soudain une autre portée.
L’objectif n’est pas que quelqu’un vous explique qui vous êtes.
Il s’agit de créer les conditions permettant à chacun de mieux comprendre ce qui l’anime, ce qui l’empêche et ce qui se répète dans sa vie.
Ce travail demande du temps.
Comprendre une difficulté ne signifie pas automatiquement la résoudre.
On peut apercevoir la montagne avant de savoir comment la gravir.
Mais il existe déjà une différence considérable entre souffrir de quelque chose que l’on ne comprend pas et commencer à lui donner du sens.
𝐏𝐀𝐒𝐒𝐄𝐑 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐑𝐄́𝐏𝐄́𝐓𝐈𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐀̀ 𝐋𝐀 𝐃𝐄́𝐂𝐈𝐒𝐈𝐎𝐍
Certaines personnes passent longtemps à se raconter :
« Ce n’était pas la bonne personne. »
« Ce n’était pas le bon travail. »
« Ce n’était pas le bon moment. »
C’est parfois vrai.
Mais lorsque la même histoire se répète cinq ou dix fois, une autre hypothèse mérite peut-être d’être envisagée.
Et si quelque chose, en moi, participait aussi à cette répétition ?
Cette question n’est pas une accusation.
Elle ouvre au contraire une possibilité considérable.
Car si je participe inconsciemment à ce qui se répète, je peux aussi commencer à agir autrement.
C’est là qu’une véritable liberté devient possible.
Pas une liberté magique.
Une liberté progressivement conquise sur nos automatismes, nos peurs et nos histoires anciennes.
𝐌𝐀 𝐏𝐎𝐒𝐈𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐏𝐒𝐘𝐂𝐇𝐀𝐍𝐀𝐋𝐘𝐒𝐓𝐄
Dans mon cabinet de Chennevières-sur-Marne, je rencontre régulièrement des personnes qui souhaitent avant tout « ne plus être angoissées ».
Je comprends parfaitement cette demande.
Lorsque l’angoisse fait souffrir, on veut qu’elle cesse.
Mais je crois également qu’il serait dommage de seulement faire taire ce signal sans essayer de comprendre ce qu’il vient révéler.
Mon travail consiste donc aussi à accompagner cette interrogation :
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 ?
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐚𝐧𝐠𝐨𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
Parce qu’au-delà du symptôme, il y a une personne.
Son histoire.
Ses désirs.
Ses peurs.
Ses contradictions.
Et surtout sa capacité à construire quelque chose de différent.
𝐏𝐚𝐭𝐫𝐢𝐜𝐤 𝐂𝐡𝐚𝐦𝐛𝐚𝐫𝐝
𝐏𝐬𝐲𝐜𝐡𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐂𝐡𝐞𝐧𝐧𝐞𝐯𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬-𝐬𝐮𝐫-𝐌𝐚𝐫𝐧𝐞
Consultations en présentiel et à distance
𝐏𝐬𝐲𝐜𝐡𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐂𝐡𝐞𝐧𝐧𝐞𝐯𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬-𝐬𝐮𝐫-𝐌𝐚𝐫𝐧𝐞
Consultations en présentiel et à distance
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