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𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋’𝐀𝐌𝐎𝐔𝐑 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐁𝐎𝐔𝐋𝐄𝐕𝐄𝐑𝐒𝐄-𝐓-𝐈𝐋 𝐀𝐔𝐓𝐀𝐍𝐓 ?

𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋’𝐀𝐌𝐎𝐔𝐑 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐁𝐎𝐔𝐋𝐄𝐕𝐄𝐑𝐒𝐄-𝐓-𝐈𝐋 𝐀𝐔𝐓𝐀𝐍𝐓 ?

𝐋𝐞 𝐜𝐞𝐫𝐯𝐞𝐚𝐮, 𝐥’𝐚𝐭𝐭𝐚𝐜𝐡𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚𝐦𝐨𝐮𝐫𝐞𝐮𝐬𝐞 

Pourquoi certaines rencontres semblent-elles capables de bouleverser toute notre existence ? 

Pourquoi l’absence d’une personne peut-elle devenir presque physiquement douloureuse ? 

Pourquoi savons-nous parfois qu’une relation nous fait souffrir tout en restant incapables de nous en détacher ? 

Ces questions traversent depuis toujours la littérature, la philosophie, la poésie et la psychanalyse. 

Les neurosciences apportent aujourd’hui un éclairage supplémentaire. 

𝐋’𝐚𝐦𝐨𝐮𝐫 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐝𝐞́𝐞 

Lorsque nous tombons amoureux, notre expérience mobilise des mécanismes cérébraux liés au désir, à la motivation, à la récompense et à l’attachement. 

La personne aimée prend progressivement une place particulière. 

Nous pensons à elle. 

Nous attendons ses messages. 

Nous recherchons sa présence. 

Son attention peut devenir source de plaisir, de réassurance et parfois d’apaisement. 

Voilà pourquoi le sentiment amoureux peut devenir extrêmement puissant. 

Mais réduire l’amour à quelques neurotransmetteurs serait évidemment insuffisant. 

Nous n’aimons pas uniquement avec notre cerveau. 

Nous aimons aussi avec notre histoire. 

Avec notre enfance. 

Avec nos manques. 

Avec nos désirs. 

Avec nos blessures. 

Avec les modèles affectifs que nous avons construits parfois bien avant notre première histoire d’amour. 

𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐬𝐢 𝐦𝐚𝐥 ? 

Lorsqu’une relation importante s’interrompt brutalement, il ne suffit pas toujours de se dire : 

« C’est terminé, je dois passer à autre chose. » 

Le psychisme ne fonctionne pas comme un interrupteur. 

Les recherches sur le rejet amoureux montrent que certaines régions cérébrales liées à la douleur, à l’anxiété, à la récompense et à certains mécanismes de dépendance peuvent être sollicitées. 

Cela permet de mieux comprendre certains comportements après une séparation. 

Relire les anciens messages. 

Regarder si l’autre est connecté. 

Attendre un appel. 

Chercher encore une explication. 

Revenir vers celui ou celle qui vient pourtant de partir. 

Reconstruire mentalement les derniers mois de la relation. 

Ce comportement peut sembler irrationnel à l’entourage. 

Pour la personne qui le vit, il répond pourtant à une véritable détresse. 

𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 

Il existe parfois dans la rupture quelque chose qui ressemble au manque. 

La présence qui structurait une partie du quotidien disparaît brutalement. 

Le téléphone reste silencieux. 

Les habitudes communes s’effondrent. 

Les projets disparaissent. 

Et ce n’est pas seulement l’autre que nous perdons. 

Nous pouvons également perdre une partie de l’image que nous avions construite de nous-mêmes avec lui. 

« Qui suis-je maintenant que nous ne sommes plus nous ? » 

Voilà parfois la véritable question. 

Une relation amoureuse ne relie pas seulement deux personnes. 

Elle participe également à la construction d’une représentation de soi. 

Nous étions quelqu’un dans le regard de l’autre. 

Nous avions une place. 

Une fonction. 

Des projets. 

Un avenir imaginé. 

Lorsque tout cela disparaît, un sentiment de vide peut apparaître. 

𝐀𝐦𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮 𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 ? 

C’est ici qu’une question essentielle apparaît. 

À partir de quel moment l’attachement amoureux devient-il dépendance affective ? 

Aimer suppose naturellement un attachement. 

Le problème commence lorsque l’autre devient indispensable à notre sentiment d’exister. 

Lorsque son silence déclenche l’angoisse. 

Lorsque son éloignement provoque immédiatement la peur de l’abandon. 

Lorsque nous acceptons l’inacceptable simplement pour éviter qu’il parte. 

Lorsque notre estime personnelle dépend presque entièrement de son regard. 

La question n’est alors plus seulement : 

« Est-ce que je l’aime ? » 

Elle devient : 

« Pourquoi ai-je tellement besoin d’être aimé par cette personne ? » 

Et cette seconde question nous conduit souvent beaucoup plus loin. 

𝐋𝐚 𝐫𝐮𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐝’𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐛𝐥𝐞𝐬𝐬𝐮𝐫𝐞𝐬 

Certaines séparations réveillent des expériences beaucoup plus anciennes. 

La peur d’être abandonné. 

Le sentiment de ne jamais être suffisamment aimé. 

La peur d’être remplacé. 

Le besoin permanent d’être rassuré. 

La difficulté à rester seul. 

Une ancienne blessure narcissique. 

Une séparation actuelle peut alors entrer en résonance avec toute une histoire. 

La souffrance ressentie dépasse parfois largement la relation qui vient de se terminer. 

C’est précisément ce qui rend certaines ruptures incompréhensibles pour celui qui les vit. 

« Pourquoi est-ce que je souffre autant ? » 

Parce que nous ne pleurons pas toujours uniquement la personne qui vient de partir. 

Nous pleurons parfois, à travers elle, beaucoup d’autres choses. 

𝐋𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐚𝐢𝐝𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐭 

Notre cerveau possède une remarquable capacité d’adaptation. 

Avec le temps, l’intensité de certains mécanismes liés à l’attachement peut diminuer. 

Mais attendre ne suffit pas toujours. 

Il existe des séparations qui deviennent des impasses. 

Des mois passent et la personne reste psychiquement liée à celui ou celle qui est parti. 

Elle continue intérieurement la relation alors que celle-ci n’existe plus extérieurement. 

C’est alors qu’un travail sur soi peut devenir particulièrement utile. 

𝐋𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐩𝐬𝐲𝐜𝐡𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 

En psychanalyse, il ne s’agit pas de supprimer artificiellement le sentiment amoureux. 

Il s’agit d’essayer de comprendre ce qu’il représente. 

Pourquoi cette personne ? 

Pourquoi cette relation ? 

Pourquoi cette peur de la perdre ? 

Pourquoi cette impossibilité à tourner la page ? 

Qu’est-ce que cette histoire réveille de mon propre passé ? 

Qu’est-ce que je recherchais inconsciemment dans cette relation ? 

Le cerveau nous renseigne sur certains mécanismes de l’attachement. 

La psychanalyse nous conduit vers une autre question : 

𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐚-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐨𝐧 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 ? 

C’est souvent là que commence le véritable travail. 

Car sortir d’une dépendance affective ne signifie pas apprendre à ne plus aimer. 

Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à aimer sans disparaître soi-même dans la relation. 

Et peut-être est-ce là l’un des enjeux les plus profonds du sentiment amoureux : 

𝐏𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐢𝐫𝐞 « 𝐣𝐞 𝐭’𝐚𝐢𝐦𝐞 » 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐞𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐢𝐫𝐞 « 𝐣𝐞 ». 

Patrick Chambard 

Psychanalyste, hypnothérapeute et sophrologue à Chennevières-sur-Marne 

Consultations en cabinet et en visioconférence 

Accompagnement de la dépendance affective, des ruptures amoureuses, de l’anxiété, du deuil, des difficultés relationnelles, de l’estime de soi et des problématiques de couple. 



𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋’𝐀𝐌𝐎𝐔𝐑 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐁𝐎𝐔𝐋𝐄𝐕𝐄𝐑𝐒𝐄-𝐓-𝐈𝐋 𝐀𝐔𝐓𝐀𝐍𝐓 ? | Patrick Chambard